THÈSES

La Chaire Cyber et souveraineté et souveraineté numérique – IHEDN apporte un soutien à la recherche, notamment par le financement de thèses, dont les projets sont soumis au Comité de pilotage pour sélection.

Deux projets de thèses sont soutenus par la Chaire :

Cybersécurité et prestataires : La gestion juridique du risque cyber dans les chaînes d’approvisionnement

Élouan BUISSON

Une entreprise a aujourd’hui inévitablement besoin, pour mener à bien ses activités, de prestataires. Il lui est devenu impossible d’entreprendre ses activités sans se situer dans une chaîne d’approvisionnement (« supply chain »). Ainsi, tôt ou tard, l’entreprise fera appel à un prestataire de cloud, ou à un prestataire ayant accès à ses systèmes, ses réseaux et ses données. Les vulnérabilités des prestataires alourdissent le risque pour l’entreprise cliente. Différentes cyberattaques illustrent ce phénomène, comme par exemple le cas NotPetya. Ainsi, dans cette situation, les attaquants sont passés par les serveurs d’une société, produisant un logiciel de comptabilité, largement diffusé auprès d’entreprises, afin de parvenir à atteindre ces dernières. Les entreprises victimes de ces cyberattaques subissent différentes conséquences négatives. Si la perte d’exploitation semble être la plus évidente, leur réputation subit également un choc. En effet, l’attention des clients et partenaires de l’entreprise victime se concentrera bien davantage sur elle que sur son sous-traitant, qui leur est inconnu. Enfin, un important risque juridique pèse sur l’entreprise victime, en raison des recours qui peuvent être engagés contre elle, par exemple en cas de défaillance des mesures de sécurité à adopter pour le traitement de données à caractère personnel. La thèse se base ainsi sur la thématique de la gestion juridique du risque cyber, dans les chaînes d’approvisionnement. Elle concernera notamment la situation des TPE, PME et ETI.

Cyberespace et standardisation des données géographiques numériques : Un enjeu de la souveraineté nationale française

Rémi LE GENISSEL

L’explosion des outils de production, de gestion et d’échange de données géographiques, depuis l’irruption du cyberespace à la fin des années 90, a révolutionné les logiques de pensées concernant les domaines d’exploitations de ces données, et les possibilités qu’elles renferment. La France dispose d’un fort potentiel en la matière, disposant à la fois d’un savoir-faire certain dans l’acquisition des données, ainsi que dans leur gestion et leur exploitation de par l’institutionnalisation précoce des enjeux liés à ces données (IGN et ONF en particulier). Les données géographiques tiennent un rôle capital dans de nombreux domaines (environnement, diplomatie, défense, gestion administrative) relevant directement de l’autorité de l’État, qui se doit de s’assurer la maîtrise de leurs processus de production, d’exploitation et de mise à disposition, pour le bien de ses échanges infra-nationaux comme internationaux. Cette thèse ambitionne d’analyser l’impact du développement du cyberespace sur la géopolitique française, à travers le prisme de la standardisation des données numériques souveraines, afin d’offrir non seulement une analyse des divers processus de standardisation et de diffusion de ces données, mais également des innovations dans ce domaine, et de la place de la France sur la scène internationale. Enfin, il s’agit ici d’analyser dans quelles mesures les changements apportés par le développement de l’environnement numérique global et la standardisation des données géographiques, entraînent des mutations dans les réflexions géopolitiques françaises.